Tout savoir sur les polyarthrites

 

cacoubUne polyarthrite se définit comme une inflammation articulaire touchant plus de trois articulations. Elle se manifeste par une douleur articulaire, inflammatoire c’est-à-dire caractérisée par sa recrudescence pendant la seconde partie de la nuit et la sensation d’être « rouillé » le matin au lever. Cette sensation disparait après un délai variable de quelques minutes à quelques heures. Cette douleur s’accompagne de signes locaux au niveau des articulations touchées : augmentation de la chaleur locale, tuméfaction articulaire, rougeur cutanée en regard des articulations, limitation de la mobilité articulaire, douleur à la pression, épanchement liquidien au sein des articulations touchées.

 

On distingue les mono-arthrites (une seule articulation concernée), les oligo-arthrites (deux ou trois articulations), et les polyarthrites (plus de 3 articulations).

 

Les douleurs liées aux arthrites doivent être distinguées des douleurs liées à :

  • l’arthrose qui correspond à une détérioration des cartilages articulaires,
  • l’ostéoporose qui correspond à une raréfaction des travées des tissus osseux,
  • des arthralgies simples, c’est-à-dire de douleurs articulaires souvent passagères et vagabondes, sans modification objective des articulations (sans gonflement, raideur ou déformation).

 

 

  1. Les causes

 

Malgré le nombre élevé de pathologies pouvant se manifester par une arthrite localisée ou une polyarthrite, certains grands cadres peuvent être définis :

 

  • Les arthrites infectieuses : Elles peuvent témoigner d’une infection locale d’une articulation (habituellement par introduction directe, traumatique, de l’agent infectieux dans l’articulation touchée), ou de la localisation intra-articulaire d’une infection générale. Il peut s’agir d’infections bactériennes (staphylocoque, gonocoque, entérobactérie, brucelle, maladie de Lyme, syphilis), virales (VIH, hépatite virale B, hépatite virale C, parvovirus B19, mononucléose infectieuse, varicelle) ou mycobactériennes (tuberculose, lËpre).
    Dans certains cas, des arthrites peuvent survenir au cours d’une maladie infectieuse sans que l’agent infectieux soit retrouvé au sein des articulations touchées. On parle alors d’arthrite réactionnelle comme au cours d’infection à Chlamydia, Shigella, Yersinia, Salmonelle, Campylobacter, Ureaplasma ou VIH.
  • Les arthrites liées à des rhumatismes inflammatoires : Ces rhumatismes s’intègrent dans le cadre de maladies auto-immunes ou auto-inflammatoires, et peuvent être soit localisés essentiellement au niveau articulaire (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante), soit toucher de nombreux autres organes, notamment la peau, les reins, les poumons, les muscles (lupus érythémateux, dermatopolymyosite, sclérodermie, fasciite à éosinophile, syndrome de Sharp, syndrome de Sjögren, maladie de Behçet, rhumatisme psoriasique, sarcoïdose, maladie périodique, maladie de Still, pseudopolyarthrite rhizomélique), voire apparaître au cours de maladies digestives (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).
  • Les arthrites métaboliques : Il s’agit le plus souvent de dépôts de microcristaux au sein des articulations, qui vont déclencher les phénomènes inflammatoires locaux. Elles se voient dans la goutte (dépôts d’acide urique), la chondrocalcinose articulaire (dépôts de pyrophosphate de calcium), ou les arthrites par dépôts d’hydroxyapatite. D’autres dépôts non-microcristallins peuvent déclencher des arthrites : maladie de Wilson (dépôts de cuivre), hémochromatose (dépôts de fer), ou amylose.
  • Les arthrites para-néoplasiques : Certains cancers peuvent s’accompagner d’arthrite. Ostéoarthropathie hypertrophiante au cours des cancers pulmonaires, oligo ou polyarthrite au cours des leucémies aigues.
  • Les causes médicamenteuses : Certains médicaments peuvent entrainer l’apparition, le plus souvent d’arthralgies simples (douleurs articulaires), voire beaucoup plus rarement d’arthrite. Traitement antibiotique (quinolone, isoniaside), traitement cardiovasculaire (bêtabloquant, méthyldopa, hydralazine), ou intoxication par la vitamine A.

 

 

  1. Ce qu’il ne faut pas prendre pour une arthrite, mais qui peut y ressembler ou comment éviter les pièges.

 

De nombreuses pathologies musculaires, tendineuses ou osseuses, peuvent causer des douleurs ressemblant à celles des arthrites, mais sans qu’il y ait d’arthrite vraie :

 

  • Les arthralgies: elles ont déjà été définies comme des douleurs articulaires sans phénomène inflammatoire local, donc sans modification objective de l’aspect de l’articulation.
  • L’algodystrophie: généralement à la suite d’un traumatisme, survient une impotence douloureuse importante d’une ou deux articulations d’un même segment de membre, associée à des phénomènes locaux qui peuvent mimer une arthrite (œdème local, réduction de la mobilité articulaire).
  • Myalgies: les douleurs musculaires, quel que soit leur origine, ne sont pas toujours faciles à distinguer des douleurs d’origine articulaire d’autant que certaines pathologies musculaires peuvent s’accompagner d’arthrite vraie.
  • Fibromyalgie ou poly-enthésopathie: points douloureux multiples aux zones d’insertion tendineuse, survenant souvent dans un contexte dépressif.
  • Douleurs osseuses
  • Arthrose et tendinopathie: n’entrainent pas de réveil nocturne spontané, ni de dérouillage matinal prolongé.
  • Arthropathie diabétique.
  • Fasciite palmaire ou plantaire.

 

 

La stratégie thérapeutique dépend, à l’évidence, de la cause ; même si, hors maladies infectieuses, de nombreuses classes de médicaments sont utilisés dans la prise en charge de plusieurs types de polyarthrite.